• Déluge, une histoire de plagiats

    Le plus ancien mythe du déluge date de Sumer (-1700 avant JC), c'est l'histoire de Ziusudra :

    Les dieux sont exaspérés par le bruit produit par les humains, ils décident de lancer un déluge. Enki, le créateur de l'humanité, qui n'a pu les défendre face au jugement des "collègues", se déguise et prévient Ziusudra de construire une boite (latin arca = arche), et de s'y enfermer. Au bout de 8 jours et 7 nuits, Uttu (Soleil) envoie un signe, et Ziusudra envoie une colombe et une hirondelle (ancien nom du second poisson de la constellation), elles reviennent (pas de terre), il envoie un corbeau (exaltation de Mercure) qui ne revient pas, signe qu'ils sont sauvés. Son nom devient alors réalité, "celui dont les jours sont prolongés".

    1 siècle plus tard apparait la version sémite, akkadienne :

    Tous les détails de l'histoire de Ziusudra sont là, avec de nouveaux. On découvre que les dieux sont en 2 catégories, d'un coté les "branleurs" annunaki, qui ne font rien, et leurs serviteurs, les igigi. Ces derniers en ont assez d’être mal traités, et arrêtent de servir les dieux. Il est donc décidé de les tuer, et il faut l'idée d'Ea (nom sémite d'Enki), qui propose de créer une race d'esclave, l'espèce humaine. Tout va bien, les igigi (qui a dit anges) sont sauvés, les dieux peuvent rester au ciel à rien foutre. Oui mais les humains baisent, se multiplient, font du bruit et empêchent les dieux de dormir. Ordre de tuer la création d'Ea, nous. Notre créateur parvient à contrer le plan d'Enlil plusieurs fois, qui, pas dupe, lance un déluge mais sans possibilité pour Ea de prévenir. Il arrive tout de même à prévenir Atrahasis ("très sage") dans un songe, au travers d'une palissade. Le reste est identique.

    En -1200 avant JC apparait la version assyrienne :

    12 tablettes correspondant aux 12 signes du zodiaque, et présentant Mars (Enkidu) et Mercure (Gilgamesh) au travers d'aventures dans les 12 constellations du zodiaque. Le verseau, 11ème signe, est bien entendu celui du déluge. Gilgamesh, ayant peur de mourir, est allé rendre visite à Utnapistim et sa femme pour connaitre le secret de l'immortalité. Comme pour les autres récits, les dieux An, Enlil, Enki, Ninurta et Enki décident du déluge. Mais Enki a dans la tête de trahir le pacte, et de prévenir Utnapistim. Le reste vous le connaissez, c'est l histoire du déluge de Noé. Sauf que là ou la faute est sur l'Homme, la faute dans le texte sumérien est sur les dieux. Ils s'engueulent comme des poissons pourris, et cela même après avoir nettoyé la Terre de ses habitants. La découverte de survivants est la cause d'une autre prise de bec divine, ils se doutent qu'Enki a prévenu, et il ne doit son salut qu'à la pureté morale d'Utnapistim, qui fait regretter aux dieux leur geste, ils lui donnent alors l'immortalité, avec son épouse.

    Pour le mythe de Noé, il aura fallu la découverte accidentelle des tablettes sumériennes, akkadiennes et babyloniennes pour découvrir la longue suite de plagiats. Lisez la version Noé et ensuite la magnifique traduction de Jean Bottéro pour constater l'étendue des reprises.

    Je ne commenterai donc pas inutilement la version de Noé et du Coran, quand on a une suite de plagiats ininterrompue, il faut s'en tenir aux versions les plus anciennes, et celle de l'ancien testament date du 5ème avant JC, donc 700 ans au minimum après les versions successives de Mésopotamie. Il est dommage qu'aucune tablette moins endommagée ne donne tout le récit (la moitié du texte sur Zisusudra est illisible, quand à Gilgamesh, on a pu trouver des copies un peu moins dégradées du mythe, mais on est loin de saisir toutes les subtilités, et comme c'est une conte astrologique, elles sont essentielles).

    Déluge, une histoire de plagiats

    Des conjonctions en verseau exceptionnelles, dois je préciser que Neptune maitrise l'ordre divin capricorne, vous savez, les dieux qui branlent rien, saturnien (qui a dit satanique ?) selon les gréco-romains, mais en fait le rebelle Enki est mercurien, il a prévenu et sauvé ce qu'il pouvait. Être un rebelle à des dieux étant de vrais enfoirés, c'est devenir "Satan", l'adversaire, alors que avez contré de mauvais dieux.

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